[Info Rodéo] Course-poursuite sur les quais de Bordeaux: un jeune de 16 ans gravement blessé

Lundi 1er mars, 23h30, au niveau du Hangar 19, sur les quais de Bordeaux. Un équipage de la Compagnie départementale d’intervention (CDI) repère une grosse berline, qu’elle souhaite contrôler dans le cadre du couvre-feu. A son volant, un jeune homme de 16 ans refuse alors d’obtempérer, et s’enfuit en percutant deux véhicules de la police, blessant un fonctionnaire. Comme le prévoit la loi dans ces conditions, les policiers font alors usage de leur arme à feu.

Le chauffard, arrêté quai Richelieu, est retrouvé gravement atteint au thorax, puis transféré à l’hôpital. Ses deux passagers prennent la fuite, un est interpellé. Tous sont déjà connus des services de police.

Le véhicule, une Audi RS3 a immatriculation polonaise, appartient à une société de location basée en Pologne. Un scénario de plus en plus récurrent pour les policiers bordelais. « Quasiment toutes les nuits, nous avons des refus d’obtempérer. Pas plus tard que samedi, j’ai moi même faillit ouvrir le feu sur ce même genre de véhicule qui a essayé de forcer le passage. Là encore, un mineur au volant », s’inquiète l’un d’entre eux, auprès de Rodéo. Le profil des jeunes délinquants est rigoureusement identique: « Des mineurs ou jeunes majeurs des quartiers dits sensibles, avec des grosses cylindrées allemandes ».

La direction zonale de la police judiciaire (DZPJ) a été saisie de l’enquête, ainsi que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), afin de confirmer la bonne utilisation des armes à feu par les fonctionnaires.

Crédit photo: ©Wikimedia Commons

[Info RODÉO] Agression au couteau à Chantecrit: la thèse du règlement de compte se confirme

La guerre des bandes entre les quartiers des Aubiers et de Chantecrit n’en finit pas. Le cycle d’attaques et représailles semble se poursuivre, au désespoir des habitants, impuissants face à ce déchaînement de violence.

Le 3 février, nous vous informions d’une rixe au couteau vers la rue Chantecrit : deux jeunes hommes, poignardés à plusieurs reprises, après avoir été pourchassés et acculés au dernier étage d’un immeuble, dans lequel ils avaient trouvé refuge. D’après plusieurs contacts sur le terrain, nous évoquions la probabilité d’un règlement de compte, en lien avec l’assassinat de Lionel Sess, 16 ans, le 2 janvier dernier, au cœur de la cité des Aubiers. Ces soupçons viennent, hélas, de nous être confirmés.

L’une des deux victimes de cette agression à l’arme blanche serait l’un des cinq individus interpellés après la mort de Lionel. Remis en liberté faute d’éléments probants, son casier judiciaire serait chargé, faisant notamment état de vols à main armée avec violence. La deuxième victime serait, elle aussi, bien connue des services de police. Rappelons qu’après la fusillade du 3 janvier, quatre jeunes hommes avaient été mis en examen pour meurtre en bande organisée.

> A découvrir, bientôt, dans le numéro 3 de Rodéo Bordeaux, notre enquête exclusive sur les tensions entre les bandes des quartiers de Chantecrit et des Aubiers.

EN PRÉ-COMMANDE ICI : https://fr.tipeee.com/rodeobdx

Crédit photo: Vue aérienne du quartier Chantecrit © Google Maps

[Info RODÉO] Coup de filet sur des MNA dealers à Saint-Michel

Ce jeudi 21 janvier, vers 18h, un important dispositif de la Police municipale, composé de 22 agents, était déployé dans le quartier Saint-Michel, dans le cadre du GLTD (Groupe local de traitement de la délinquance) et du contrôle du couvre-feu. Plusieurs verbalisations, pour non-respect des règles sanitaires, ont été dressées, tandis que plusieurs planques de stupéfiants, dans le mobilier urbain, ont été découvertes. Trois MNA (mineurs non accompagnés), ont été interpellés et placés en garde à vue, pour détention de cannabis et médicaments psychotropes.

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[Info RODÉO] Plusieurs MNA interpellés grâce à la vidéosurveillance, pour tentatives de vol

En patrouille dans le secteur de la Victoire, ce mardi soir, vers 23h30, un équipage de la police municipale a repère un groupe de jeunes à l’attitude suspecte, se dispersant à leur vue. Le centre de vidéosurveillance, en appui de l’intervention, repère alors deux hommes s’apprêtant à entrer par effraction dans un commerce. Au déclenchement de l’alarme, qu’ils essaient de saboter, les individus prennent la fuite en direction du cours de l’Argonne, où ils sont signalés, grâce à la vidéosurveillance, puis interpellés, alors que l’un d’eux escaladait le mur d’une pharmacie. En état d’ébriété, les suspects sont présentés à un Officier de police judiciaire (OPJ) dans la soirée.

Vers 00h30, rue Mercière, deux autres MNA (mineurs non accompagnés) sont appréhendés par la Brigade anti criminalité, accompagnée de la brigade cynophile, alors qu’ils s’apprêtaient également à commettre un vol par effraction.

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Attaque au couteau à Ginko : des riverains immobilisent l’agresseur, la Police aux abonnés absents.

Nuit du 16 janvier, vers minuit. Malgré le couvre-feu, la fête bat son plein dans un appartement situé au 6e étage d’une résidence du quartier Ginko. Mais tandis que les invités s’enjaillent, un homme (probablement un de leurs amis) est agressé au couteau alors qu’il attend son tram pour rentrer chez lui. Quelques étages plus bas, au chaud dans leur appartement, Laurent et son compagnon, qui regardent sagement leur série, entendent des cris. Ils se précipitent à leur balcon et voient, au niveau de l’arrêt « Berges du Lac », un homme à terre se faire rosser par un individu qui, entre deux coups de pied, l’insulte copieusement. Les fêtards du 6e interviennent à leur tour pour lui prêter main forte et immobiliser celui qui s’avère être l’agresseur. Après avoir rapatrié leur ami blessé dans l’immeuble, ils attendent une dizaine de minutes l’arrivée du SAMU et des pompiers qui vont prendre en charge le poignardeur, bien amoché. Depuis son balcon, Laurent entend quelques bribes de phrases : « Quelqu’un a prévenu la police? » – « Ils arrivent… » – « Qu’est-ce qu’ils foutent ? ». La procédure veut que les sapeurs pompiers attendent la Police Nationale pour constatation. Mais après de longues minutes à patienter, les soldats du feu quittent les lieux en embarquant l’assaillant. Mieux vaut pour eux ne pas traîner dans cette zone proche des Aubiers. Ce n’est qu’aux alentours de 00H50 que les agents de la BAC arrivent finalement après la bataille, tels les carabiniers d’Offenbach, pour interroger les témoins de la scène.

Cet événement n’a, hélas, pas de quoi surprendre tant la situation sécuritaire de l’éco-quartier Ginko s’est dégradée ces derniers mois. « Au début, on trouvait le quartier chouette, paisible et l’idée d’être proche des Aubiers ne nous inquiétait pas », nous dit Laurent. Arrivé d’Agen, tombé amoureux de Bordeaux, il n’imaginait pas être confronté si rapidement à une telle montée de la délinquance et des incivilités : « Dès qu’il fait beau, on assiste à des rodéos urbains cours du Québec. Et le fils de notre voisine a été agressé en pleine journée parce qu’il était manifestement trop maniéré. Trois types l’ont frappé en l’insultant, en lui disant qu’il était contre-nature, qu’il devrait crever et qu’il ferait mieux de quitter le quartier s’il ne voulait pas qu’on lui fasse la peau ». Un climat délétère, renforcé par l’implantation des gens du voyage qui ont transformé la zone en décharge à ciel ouvert : « Le centre de voile du Lac est devenu inaccessible parce que 25 caravanes sont plantés devant et que les déchets s’amoncellent : matelas éventrés, débris de matériel électroménager, carcasses de voitures… ». Et cette tension latente se fait ressentir jusqu’à la porte de sa boulangerie où il entend parfois des conversations surréalistes : «  Des gars qui parlent de leurs petits tracas du quotidien, bagarres, fusillades, règlements de comptes, comme on parle de la météo ». Quant à la police, Laurent ne l’attend plus : «  On en voit un peu plus depuis le meurtre du gamin des Aubiers mais concrètement ça fait plus d’un an qu’ils nous ont abandonnés. Ça donne l’impression que les voyous ont gagné leur guerre de territoire contre les flics ». Alors comme beaucoup d’habitants de Ginko, le jeune couple veut partir, au plus vite. La preuve, s’il en était besoin, de l’échec d’une urbanisation irréfléchie et de l’avènement inexorable d’un nouveau « quartier sensible » à Bordeaux.

A Bordeaux, « la situation s’est considérablement dégradée depuis deux ans »

Rodéo a recueilli le témoignage d’un policier municipal, qui déplore de ne plus pouvoir intervenir aux Aubiers, en proie à une insécurité explosive.

Bertrand* a effectué toute sa carrière à Bordeaux, d’abord au sein de la police nationale, puis en tant que policier municipal, depuis sept ans. Au plus près du terrain, le fonctionnaire est aux premières loges pour voir l’évolution de « la situation », qui s’est selon lui « considérablement dégradée depuis deux ans ». Sur le drame des Aubiers, qui au tout début de l’année, a coûté la vie à Lionel, un jeune homme de 16 ans, victime d’un règlement de compte, Bertrand ne se dit malheureusement pas étonné. « C’est surprenant que ça n’ait pas pété plus tôt. Ce n’est pas Marseille, car les cités sont plus petites, mais la délinquance a toujours été là, aujourd’hui elle est plus visible », confie le policier, qui, depuis plusieurs mois, a reçu pour consigne de ne plus se rendre, la nuit, dans le secteur du Grand Parc et des Aubiers. « Avant, on pouvait y intervenir, mais plus maintenant, et à juste titre. Nous ne sommes pas équipés » déplore le fonctionnaire. Lors de la fusillade meurtrière du 2 janvier, les policiers de la Brigade anti criminalité (Bac), déjà sur place, nous avaient confié avoir attendu plusieurs équipages en renfort, avant de pouvoir intervenir. Les guet-apens contre les forces de l’ordre, à l’image de celui survenu le 30 décembre, se sont en effet multipliés, ces derniers mois.

« Lorsque j’étais sur le terrain, de nuit, on voyait des bagarres à coups de couteau dès 2015-2016 »

Bertrand, agent de police municipale

« Mais on n’en parlait pas, il y avait une certaine omerta journalistique » regrette-t-il. Pour lui, la dégradation du climat sécuritaire est bien comprise des bordelais. « Il y a quelques années, j’étais surpris de voir le nombre de jeunes filles se balader tard sans avoir peur, ce que je constate moins maintenant. Les gens se déplacent moins seuls et plus en groupe, car le sentiment d’insécurité est plus fort ».

L’agent de police municipale, agressé par un cambrioleur il y a quelques semaines, ne se dit désormais plus opposé au port d’arme létale, qu’il considère comme une sécurité et un moyen de dissuasion supplémentaire. « Je n’y étais pas forcément favorable avant, mais depuis environ deux ans, je pense que c’est nécessaire ». Si le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, a fermé la porte à cette proposition, formulée il y a plusieurs mois, durant la campagne des élections municipales, Bertrand se sent malgré tout mieux considéré aujourd’hui, et en profite pour tacler la majorité précédente. « Amine Smihi (adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique, ndlr) est quelqu’un d’honnête, qui s’investit énormément, et comprend nos problèmes. Alors que Jean-Louis David (son prédécesseur, ndlr), on ne le voyait jamais, et quand on le voyait, il ne nous regardait même pas ».

Après des décennies de terrain, notamment sur le secteur Bordeaux-Maritime, le diagnostic de Bertrand est sans appel :

« Il ne faut surement pas abandonner ces territoires. On y a fermé les administrations, et parqué les vagues d’immigration loin des regards, noyées à coups de subventions pour acheter la paix sociale. La politique est entièrement à revoir ».

*Le prénom a été changé

Crédit photo: Le quartier des Aubiers, à Bordeaux – ©Wikimedia Commons

[Info Rodéo] Eysines: un policier blessé lors d’une interpellation

Un agent, en surveillance sur un point de deal dans le quartier Grand Louis, à Eysines, a été blessé lors d’une interpellation, hier. Alors que la brigade s’apprêtait à appréhender l’individu, celui-ci a décoché un coup de poing à un des policiers. Dans sa fuite, le jeune homme a pu être rattrapé par un autre policier, qui s’est blessé légèrement en chutant avec lui.

L’individu interpellé, déjà connu des services de police, était en possession d’une grande quantité d’herbe de cannabis et d’une bombe lacrymogène. L’agent frappé souffre d’hématomes et de contusions superficielles au visage. L’enquête a été confiée au service de la sûreté départementale, en charge des affaires de stupéfiants.

Photo: image d’illustration

Fusillade meurtrière aux Aubiers: un mort et quatre blessés

Ce samedi 2 janvier, en fin de soirée, 5 personnes, âgés de 13 à 36 ans, ont été blessés par balle, dans un scénario qui, selon nos informations, s’apparente à un règlement de comptes entre bandes rivales avec le quartier Chantecrit.

MISE A JOUR – 18h30, 04/01:
Cinq suspects ont été placés en garde à vue cet après-midi, dans les locaux de la DIPJ (Direction interrégionale de la Police Judiciaire), pour meurtre et tentative de meurtre en bande organisée. Ils sont âgés de 18 à 21 ans.

MISE A JOUR – 23h, 03/01:
Il y a eu en réalité deux fusillades. Le véhicule des suspects a tiré une rafale vers 22h30, en direction d’un groupe de jeunes, qui n’étaient pas spécifiquement visés. Le véhicule a opéré un deuxième passage environ 30 minutes plus tard.

Il est 22h50, lorsqu’un véhicule surgit en trombe cours des Aubiers, avant de se stationner place Ginette Neveu. Un ou plusieurs de ses occupants tirent en direction d’un groupe de jeunes, alors que la place fourmille de monde, avec une centaine de personnes, malgré le couvre-feu. A l’arrivée du premier équipage de police, un jeune homme se trouve à terre, en arrêt cardio-respiratoire. Les fonctionnaires procèdent aussitôt aux premiers soins, se relayant jusqu’à l’arrivée des pompiers et du Samu, tandis que la scène de crime est figée, et les lieux sécurisés.

Quatre blessés sont à déplorer. Deux dans un état grave, et deux autres dans un état léger, dont l’un, né en 1985, se présentera de lui-même à la polyclinique de Bordeaux Nord. Le jeune homme dans un état grave, touché au rachis cervical, est transporté au CHU Pellegrin, où il décèdera de ses blessures.

« Les policiers ont tenté de ramener ce gamin à la vie et ont porté secours aux autres, au péril de leur propre vies. Ni violents, ni racistes, justes des hommes », confie à Rodéo un des fonctionnaires ayant participé à la réanimation de la victime décédée.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les victimes blessées se seraient réfugiés dans les étages d’une tour, alors qu’un ou plusieurs tireurs seraient descendus du véhicule pour tenter de les éliminer. Une quarantaine de douilles, de calibre 9mm, ont été retrouvées sur place. Elles auraient été tirées d’un pistolet mitrailleur. Les suspects n’ont pas encore pu être identifiés. Le parquet a annoncé ce dimanche après-midi avoir ouvert une enquête pour assassinat. L’enquête est confiée à la Police Judiciaire.

Selon nos informations, il s’agirait d’un règlement de comptes à la suite de la fusillade ayant éclaté le jour de Noël, quartier Chantecrit, lors de laquelle un jeune homme de 23 ans a été blessé.

Une photo de trois jeunes hommes, prétendus suspects, circule actuellement sur les réseaux sociaux, appelant à les retrouver, avec une « grosse récompense à la clé ».

« J’ai jamais vu ça. C’est une guérilla. […] Les keufs ils osent pas rentrer ici […] Ferme la porte à clé! » peut-on entendre sur une vidéo amateur, filmée depuis les étages d’une tour.

Ces derniers jours, le quartier des Aubiers était en proie à de nombreuses violences urbaines. Comme nous le révélions, un adolescent de 16 ans avait été violemment agressé, roué de coups par une quinzaine de personnes, le 30 décembre au soir, près de l’arrêt de tramway Les Aubiers, alors qu’il s’apprêtait à rentrer chez lui. Le visage tuméfié et traumatisé, il avait écopé d’une ITT de 8 jours. Le soir-même, appelés sur des feux de poubelle dans le secteur, des CRS avaient été pris à partie par une quarantaine d’individus, à coups de pierres et de mortiers d’artifice. Le lendemain, nuit de la Saint-Sylvestre, un bureau de poste et plusieurs véhicules ont été incendiés dans le quartier.

Au lendemain de la fusillade meurtrière, l’émoi est vif dans la classe politique locale, et parmi les médias nationaux, qui ont relayé les faits, d’une violence inédite dans ce quartier du nord bordelais, malgré les faits de délinquance graves observés ces derniers mois. « Évidemment que cela a toujours été une cité à problèmes, mais rien à voir avec la violence de maintenant. La violence monte d’un cran, on se rapproche de Marseille et Grenoble », témoigne un ancien habitant du quartier.

« L’irréparable vient d’être commis avec la mort d’un jeune de 16 ans. C’est une horreur absolue et j’ai une pensée pour sa famille. N’attendons pas d’autres drames. Agissons avec force » a réagit ce dimanche matin l’ancien maire de Bordeaux, Nicolas Florian.

La sénatrice et conseillère municipale d’opposition LR, Nathalie Delattre, a elle aussi déploré des faits hélas peu surprenants: « Des années à alerter sur la montée des rixes entre les quartiers Aubiers, Chantecrit, Bacalan. Elus, riverains, monde associatif, police locale…Il faut malheureusement un choc comme celui-ci pour que les hautes autorités comprennent la nécessité urgente de réagir avec vigueur. »

En conférence de presse exceptionnelle, réunie à la mairie de quartier Bordeaux Maritime, ce dimanche matin, le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, a réagit: « C’est une escalade dans ce qu’on peut appeler un banditisme assez organisé et qui ressemble fort à des rixes inter-quartiers avec une escalade autour de trafic d’armes lourdes et automatiques, et c’est un cap qui a été franchi. »

Crédit photo: Rodéo

🔴[Info RODÉO] Un adolescent sauvagement agressé et dépouillé aux Aubiers

Alors que la cité du nord de Bordeaux est en proie à de nombreuses violences ces derniers jours, notamment lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, un jeune homme de 16 ans a été violemment agressé, ce 30 décembre au soir.

« Il dort beaucoup, il veut plus trop sortir. Je crains l’âge où mon fils aura l’âge d’aller en boîte de nuit, car la violence me répugne. Je n’aurai jamais cru qu’on passerait mon fils à tabac. » Au lendemain du passage à tabac de son fils, Christelle* n’en revient toujours pas.

Mercredi soir, une dame lui ramène son fils, à son domicile, le visage tuméfié, la tête ensanglantée. Le jeune homme de 16 ans, qui sortait de chez son grand-père, cherchait à emprunter un tramway, aux Aubiers, lorsqu’il est tombé au mauvais endroit, au mauvais moment. Une rixe vient d’éclater entre une bande d’une quarantaine de jeunes et des CRS, appelés sur place à cause de feux de poubelles. Cinq fonctionnaires sont blessés. Antoine* se retrouve vite encerclé par une quinzaine de jeunes hostiles, qui en veulent après son téléphone portable. « Ils étaient quinze, ils lui ont écrasé la tête. » Heureusement, une automobiliste qui a assisté à la scène, a pu secourir le jeune homme. « Si elle n’était pas intervenu, il serait surement à l’hôpital ou mort » confie à Rodéo la mère d’Antoine, dépitée.

« Le pire, c’est la blessure morale pour lui. Il est résistant, mais en tant que victime, on ressent une honte de ne pas avoir pu se défendre ». Géolocalisé par la police dans « une planque », le téléphone d’Antoine ne pourra pas être récupéré. « Ils ont peur d’y aller », explique Christelle. Ancienne habitante, durant quinze ans, de Saint-Michel, la mère de famille vit aujourd’hui à Ambarès-et-Lagrave. « A chaque fois que je vais à Bordeaux seule, j’ai des problèmes. C’est vraiment devenu invivable », déplore-t-elle.

*Les prénoms ont été changés

🔴[Info RODÉO] Une jeune fille agressée par trois mineurs isolés à Bordeaux

Ce 31 décembre, alors qu’elle sortait du magasin Carrefour City, parvis des Frères Pouyanne, à proximité de l’arrêt de tramway Bergonié, une jeune fille a été prise à partie par trois adolescents, qui lui ont dérobé sa bouteille d’alcool avant de s’enfuir. L’un d’eux a pu être arrêté par un témoin, qui a appelé la police, mais a pu s’enfuir à leur arrivée. « Ils (les policiers, ndlr) m’ont dit qu’ils sont une quarantaine de mineurs à dépouiller les personnes âgées et des jeunes filles dans Bordeaux et jusqu’à Talence », rapporte le témoin à Rodéo.